Lussou exposera ses œuvres à Vernouillet du 14 au 23 novembre. Cette exposition « de l’ombre à la lumière » est bien plus qu’un événement artistique… c’est un hommage à l’audace d’oser construire sa propre légende à la hauteur de ses rêves. Lussou vous explique sa vie, son empreinte, ses lignes d’inspiration…
Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique et de ce qui vous a conduit à devenir sculptrice ?
Je pense qu’on nait tous avec des potentiels de talents que l’on développe ou pas au fil de sa vie. J’ai grandi loin des écoles d’art, sans réseau ni privilège et c’est au cours d’une visite de musée accompagnée d’une surveillante de mon collège Emile Zola que j’ai eu un vrai coup de cœur concernant la sculpture. L’émotion a été si grande que c’est à ce moment précis que la sculpture est devenue ma colonne vertébrale. J’avais 14 ans.
Que faire quand on se sent l’âme d’une artiste mais que les routes se compliquent ? On trace son chemin et on résiste de l’intérieur.
J‘ai nourris ma curiosité en m‘abonnant au musées Beaubourg ou j’allais religieusement admirer et nourrir mes sens des œuvres de Brancusi et des autres sculpteurs. J’ai fait beaucoup de métiers qui tous avaient un rapport à l’humain, et pour certains à la création, dont celui de mon dernier métier dans le cinéma, le théâtre et l’opéra où j’étais maquilleuse perruquière. Mon travail de sculpteur en porte l’empreinte car j ‘aime les différentes époques de notre histoire. Je n’ai jamais perdu l’idée que la sculpture était le chemin qu’il me fallait suivre. Ce n’était pas un caprice une lubie juste un appétit de suivre ce pour quoi j’étais faite passionnée et déterminée, j’ai donc parallèlement à cette période dans le cinéma été l’assistante de différents sculpteurs dont un sculpteur animalier (Marc Boulay) pour le musée d’histoire Naturelle de Paris et pour la Cité des Sciences de paris.
La fenêtre était ouverte. Il m’a fallu du temps de la patience de la persévérance pour ouvrir officiellement mon atelier de sculpture à Vernouillet et pour oser créer mes propres lignes de création. J‘ai eu beaucoup de chance et j’ai été très soutenue par ma tribu (que je remercie)
C’est en devenant membre officiel des Ateliers d’art de France (6000 adhérents en France) en 2007 que mon parcours de sculpteur a pris son envol.
Quelles sont vos aspirations en tant qu’artiste ? Y a-t-il un message que vous souhaitez transmettre à travers vos œuvres ? D’où tirez-vous votre inspiration ?
Mes aspirations en tant qu’artistes sont toutes liées à l’expression humaine: capter sentir restituer une infime partie de l’âme humaine et l ‘ancrer dans la matière … tel est mon chalenge.
Créer un Langage universel lisible par tous les humains , sans autre filtre que l’émotionnel. Chalenge réussi car mes sculptures se vendent dans le monde entier à des peuples dont je ne parle pas la langue
L’art est un langage universel qui ne devrait pas avoir besoin de sous-titre. Amenez vos enfants dans les musées, laissez les courir laissez les sentir, calez-vous sur leur perception, leur rythme, sur ce qui les fait vibrer vous aurez une des clés qui lie à l’art.
Tout est nourriture pour la création : la source est multiple et intarissable. Mes sources d’inspiration ?
Je pourrai vous parler de nature de musique de famille d’amis, de méditation de rêve, de nage, d’apnée, de vtt de spiritualité, de chant, de vison … L’inspiration c’est l’équilibre de toutes ces vibrations c’est le fil de soi relié à la lumière du chant intérieur
Être créatif c’est être une énorme machine à recycler l‘émotionnel. Ecologique non ?
Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans le processus de création ? Avez-vous des matériaux de prédilection ?
Ce qui me passionne c’est d’ancrer mon imaginaire dans la matière, mes mains pensent pour moi et je pense pour mes mains. C’est un processus qui s ‘harmonise tout seul.
Quand on crée le temps est suspendu. C’est une sorte de voyage ludique, il n’y a pas de quotidien dans la création. Il n’y a que de l’exploration.
J’aime le travail de la terre, c’est une matière ancestrale simple pure accessible avec laquelle mes mains aiment jouer. J’aime aussi la cire, pour sa légèreté, sa plasticité et parce que la cire n’est qu’une matière intermédiaire qui donnera le bronze. C’est donc un petit exercice de conversion pour le mental. Et enfin j’adore la ciselure du métal (bronze), c’est une matière noble sans caprice … souder ciseler patiner la matière est mon terrain de jeu
Que pouvez-vous nous dire sur votre exposition à Vernouillet ? Quelles œuvres seront présentées et quel est le thème de cette exposition ?
C’est une exposition à voir à ressentir à vivre pleinement, une expérience à ne pas manquer
L’exposition raconte un passage, une transformation, elle évoque l’ombre comme ce lieu intime nécessaire à la création de ce qui murit en secret, puis de la lumière comme révélatrice subtile qui éclaire le chemin parcouru
C’est le fruit du mouvement intérieur d’un travail constant sur la matière, sur soi, d’un équilibre atteint entre l’expression intérieur et sa mise au monde
Grace aux deux entreprises partenaires qui m’accompagnent, (les pépinières du plateau de Versailles et FG/ Aménagement), nous allons offrir aux Vernolitains une exposition d ‘Art hors norme, comme ils n’en n’ont jamais vu, un parcours sensoriel dédié aux cinq sens où chaque œuvre dialogue avec l’espace l’eau les végétaux vivants la lumière le son d’un oiseau ou le parfum d’une fleur.
Cette mise en scène exceptionnelle est signée Franck Guillot, artiste de la lumière dont le regard sensible sublime chaque sculpture avec justesse et poésie. Notre ambition est de vous faire rêver.
Je vais exposer l’ensemble de mes créations, il y aura des sculptures en terre en bronze, en acier, des grands formats et des petites sculptures créées spécialement pour cet événement.
Comment pensez-vous que l’art peut influencer la communauté locale ?
Oui bien entendu. Connaissez-vous l’effet papillon ? Soyons fous et générons le souffle de l’envie le bouche à oreille. Un Art local accessible ouvert à tous…
Comment votre travail a-t-il évolué au fil des ans ? Quelles leçons avez-vous apprises en tant qu’artiste qui influencent votre pratique aujourd’hui ?
Mon travail a évolué au fil du temps, il a trouvé une réelle identité liée à ma principale collection de sculptures en terre et en bronze, mais aussi grâce aux petites collections de pièces uniques
J‘ai une chance énorme de vivre de mon travail, je prends cela comme un cadeau.
Le monde de la création est interactif, et en perpétuel mouvement, à chaque fois que je rencontre un autre créateur sur un salon j’échange, j’observe, je rencontre, j’apprends , je restitue.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes artistes ? Quels sont vos projets futurs après cette exposition ? Merci beaucoup pour votre temps et vos réponses !
Par définition un artiste est libre et n’écoute pas les conseils et il a raison car les parcours sont individuels et peu miscibles.
Juste je dirais que la création est un travail à part entière qui nécessite du courage que les échecs font partie des réussites; les obstacles, des victoires à conquérir qu’il ne faut jamais lâcher, jamais renoncer. Et toujours regarder droit devant.
Ma prochaine exposition se fera dans l’espace Craft dédiés aux créateurs des Ateliers d’Art de France au salon maison et Objet en janvier 2026. C’est dans cet espace que je rencontre ma clientèle internationale et qui me permets d’expédier mes sculptures dans le monde entier.
En conclusion, cette exposition est donc un hommage à I’audace d’oser construire sa propre légende à la hauteur de ses rêves.