Interview Louis Barraud – metteur en scène

Pièce de théâtre Landru le samedi 20 septembre à 20h30, place de la Mairie. Sur inscription auprès de la bibliothèque. Venez revivre le procès de Landru et devenez jurés pour la soirée.

Le samedi 20 septembre 2025 à 20h30, se jouera « Landru: Je n’ai rien à vous dire. », écrite par Louis Barraud, qui s’est inspiré d’éléments historiques réels pour reconstituer le procès sous forme de pièce de théâtre participative, où les spectateurs seront eux-mêmes les jurés. Cette pièce très originale nous a donné envie de rencontrer son auteur.

Vernolitain : Qu’est-ce qui vous a inspiré à aborder le procès de Landru ?

Louis Barraud : Habitant la région de Gambais depuis bébé, l’histoire de Landru, ce barbe bleu au 11 victimes, fait partie du « patrimoine » historique local et très vite, quand on est en âge de comprendre, on apprend qui était Landru. En sortant du COVID, l’idée m’est venue d’écrire un spectacle original, pour donner envie aux spectateurs de retourner au théâtre. Le procès Landru, que je savais phénoménal, théâtral, grandiose, avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Landru avait un tel bagou, une telle répartie ! L’idée d’écrire sur Landru était présente depuis des années, j’avais maintenant un sujet : la reconstitution du procès Landru. La pièce est constituée à 80% d’éléments historiques réels : vrais rapports d’enquêtes, interrogatoires, expertises, minutes du procès, phrases historique, plaidoiries …. Un vrai moment d’histoire !

V : Pourquoi venir la jouer à Vernouillet ?

LB : Vernouillet est la première ville où Landru tua ses quatre premières victimes : Jeanne Cuchet, André Cuchet, Thérèse Laborde-Line et Marie-Angélique Guillin. Il est parti à Gambais après. Historiquement, c’est super pour nous de venir jouer à Vernouillet ! Nous marchons sur les pas de Landru et nous nous réjouissons !

: Votre pièce permet aux spectateurs de devenir jurés. Comment cela influence-t-il la dynamique du spectacle ? Cette interaction entre le public et les acteurs apporte quoi ?

LB : Au début du spectacle, l’Inspecteur Belin tire au sort 14 spectateurs. Pourquoi 14 ? Ils étaient 14 au procès Landru ! Sur base de volontariat, les jurés se placent de part et d’autre du Président des Assises et écoutent attentivement les débats. Ils ne prennent pas la parole en public mais en revanche partent délibérer à la fin du spectacle, comme dans un vrai procès ! Pour nous comédien, cela change tout du tout au tout puisque 3 fins alternatives sont possibles et c’est bel et bien ce jury de spectateur qui décide du verdict ! Nous n’en savons rien avant !

Cela permet aux comédiens de se donner encore plus à fond pour essayer d’amadouer le jury! Et cela permet au spectateur/juré de se sentir encore plus concerné par le spectacle, et d’avoir l’opportunité de juger en son âme et conscience. C’est très excitant, très prenant. 

V : L’avez-vous déjà joué dans d’autres villes ?

LB : La particularité de cette pièce est que nous l’avons joué en grande majorité dans les Tribunaux et les Cours d’Appels de France. C’est une quarantaine de dates en tout, devant des salles historiques et combles. La ville de Gambais (dans les Yvelines, où Landru a tué le reste de ses victimes) nous a énormément soutenue également (nous avons fait 3 dates et 1 quatrième arrive le 19 septembre). Jouer cette pièce dans une vraie salle d’assises c’est quelque chose ! Tant pour le comédien que pour le spectateur : assister à la reconstitution d’un procès d’assises au sein d’un vrai tribunal, c’est un en exercice très intéressant et très enrichissant ! Ça nous charge d’une émotion particulière. Et cela a grandi et enrichi la pièce de façon considérable. 

V : Quelle a été la réaction du public ?

LB : Les spectateurs sont ravis ! Ils sont à fond ! Qu’ils soient professionnels de la justice, gendarmes, ou simples spectateurs, cela remet en doute leur vision du dossier…. Ou pas ! Et cela permet à nouveau de débattre, d’échanger sur une des affaires criminelles les plus sordides du début du XXe siècle. Le fait de pouvoir être juré permet à 14 personnes de se sentir encore plus intégré à la pièce. C’est un spectacle très bien accueilli partout où nous l’avons joué. 

LB : Un dernier mot pour les futurs spectateurs ?

: Laissez vos convictions sur le dossier de côté et écouter d’une oreille neuve les débats ! Les vraies pièces du dossier vous donneront une tout autre vision ! Et vous serez surprit ! Comme je l’ai été en découvrant certaines choses …. 

Revenir en haut de page